Nouvelles du Mont Analogue
1er mars-18 mai 2008
Laissé inachevé par l'écrivain surréaliste René
Daumal (1908-1944), le Mont Analogue est selon son auteur "un roman
d'aventures alpines, non euclidiennes et symboliquement authentiques".
Ce récit traite de la découverte d'une île au centre de
laquelle est placée la plus haute montagne du monde, soit "le
lien entre le ciel et la terre". Le sommet du mont est inaccessible
mais sa base est accessible. "La porte de l'invisible doit être
visible", postule Daumal.
Au début des années 1970, l'artiste slovaque Julius Koller (1939-2007)
fonde au sommet des montagnes de Haute Tatras (Slovaquie) la "U.F.O Ganek
Gallery", un espace entre "paradis et terre" selon les
termes de l'artiste. Ce lieu de liberté n'est que partiellement fictif,
il est réalisé mentalement par ses exposants. La galerie est un
lieu de création sans frontière, un refuge intellectuel. Relevant
la correspondance entre la nouvelle de Daumal et le projet de Julius Koller
(dont un ensemble significatif vient d'être acquis par le Musée),
l'exposition mêle prêts et œuvres de la collection autour de
l'idée d'utopies subjectives, d’espaces fictifs, invisibles mais
partageables et habitables par la pensée. Sous cette double tutelle se
recoupent une trentaine d'œuvres signées par Robert Barry, Marius
Boezem, Céleste Boursier-Mougenot, Ian Hamilton Finlay, Dora Garcia,
Mario Garcia-Torres, Felix Gonzalez-Torres, Douglas Gordon, Raoul Hausmann,
Julius Koller, Marcel Märien, Roman Ondak, Nam June Paik, Tobias Rehberger,
Ed Ruscha, un ensemble de livres d'artiste (Seth Siegelaub) et la porte dérobée
de Anne Robert Jacques Turgot (1727-1781).