>> Au grenier, 4 pièces de mémoire
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Bertrand Lamarche, Map, 2011, Courtesy de l'artiste, Poggi & bertoux (Paris)
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7 octobre au 15 décembre 2011
A travers les travaux de Laurent Montaron, Thu Van Tran, Bertrand Lamarche et Deimantas Narkevicius, cette exposition envisage la sculpture comme un lieu de condensations d'épisodes historiques et de mémoires. |
C'est au dernier étage du château de Rochechouart, dans un vaste grenier charpenté que se déroule cette nouvelle exposition du Musée. Rythmé par quatre murs de cheminée, le lieu regroupe autant de temps, quatre sculptures que l'on ne qualifiera pas de "mémorielles", mais de "pièces de mémoire", en acceptant le caractère subjectif et lacunaire de la mémoire humaine. Un grenier est un lieu souvent associé aux souvenirs, aux objets remisés plus ou moins volontairement. Ici, chacune des œuvres s'envisage comme une condensation d'histoires.
Avec Être hévéa (2010), Thu Van Tran propose le déplacement de trois plants d'hévéa provenant des plantations Michelin, espèce végétale rappelant l'histoire croisée du Vietnam et de la France. La nature, supposée être un élément neutre est ici au centre de l'histoire. Pour White revenge (2008), Deimantas Narkevicius a tiré avec un revolver utilisé pendant la guerre civile russe de 1917 dans un bureau dessiné par le constructiviste El Lissitzky (1890-1941) dans les années 1920. Le coup de feu est à la fois une trace et un rappel de l'histoire, il réactive les tensions du passé. Composé d'une scène vide et d'un phonographe, l'installation Phoenix (2010) de Laurent Montaron laisse, quant à elle, entendre des voix de l'ailleurs, des enregistrements de personnes parlant "en langue". Ce langage primitif, la glossolalie que certains considèrent comme la langue de Dieu, s'entend ici à travers un médium archaïque, un phonographe qui peut être actionné sur demande. En ouverture c'est avec Map (2011), que Bertrand Lamarche propose l'observation d'une géographie mouvante. A intervalles réguliers, une fumée vient dessiner des massifs et des contours sur un support noir, laissant dans sa disparition la trace d'un territoire fantôme.
Cette exposition bénéficie du soutien du Ministère de la Culture - Direction régionale des affaires culturelles du Limousin.



