En une trentaine d'années, le Musée d’art contemporain de la Haute-Vienne a constitué une collection d'art contemporain de premier ordre aujourd’hui riche de plus de 300 œuvres.

collection contemporaine rochechouart Gabriel Orozco Barbara Michael Leisgen

Les débuts de la collection


Dès l’ouverture du musée en 1985, des ensembles se sont organisés autour de grands mouvements historiques nés à la fin des années 1960, particulièrement ceux qui ont exploré les liens entre nature et culture, comme L'Arte Povera (Alighiero e Boetti, Luciano Fabro, Jannis Kounellis, Michelangelo Pistoletto, Giuseppe Penone) ou encore le Land Art représenté dans la collection par Richard Long et Hamish Fulton.
De même des ensembles représentatifs ont été constitués autour de la sculpture anglaise (Tony Cragg, Richard Deacon, Richard Long, Gary Webb etc.), ainsi que des continuités et discontinuités de la peinture (Bernard Frize, Sigmar Polke, Gerhard Richter etc.). Des personnalités majeures de l'art du XXe et XXIe siècle (citons notamment Christian Boltanski, Annette Messager, Bruce Nauman…) ont aussi servi de noyaux à une collection attentive jusqu’à aujourd’hui à la création la plus actuelle.

Orientations


La réflexion sur l’image, qu’elle provienne indifféremment des médias, de l’histoire de l’art ou de la publicité, est devenue centrale pour le choix des acquisitions à partir des années 1990.

Poursuivant les axes fondateurs de la collection, les acquisitions n’ont eu de cesse de traiter de la représentation du paysage et de son actualité (Valérie Jouve, Jean-Marc Bustamante, Guillaume Leblon, Sophie Ristelhueber, Mark Ruwedel, Davide Balula, Jochen Lempert, Michael E. Smith…) et de poursuivre les méandres de la reconstruction de l'Histoire (Tacita Dean, Ian Hamilton Finlay, Gustav Metzger, Carolee Schneemann…), notamment à l’ère du post-colonialisme et de la globalisation (Danh Vo, Thu-Van Tran…).

Notons aussi parmi les thèmes traités le temps et le mouvement (Robert Breer, Rineke Dijkstra, Douglas Gordon, Thierry Kuntzel, Anthony McCall, Mathias Poledna…), ou encore l'invention d'un théâtre à l'échelle du monde (Julius Koller, Jiri Kovanda, Laurent Montaron, Gabriel Orozco, Katie Paterson…).

L’histoire des collections et l’implantation du musée dans un château ont également marqué la politique d’acquisition. L’achat du fonds Raoul Hausmann a suscité la constitution d’un corpus d’œuvres intégrant le son comme matériau (Ugo Rondinone, Laurent Montaron, Katie Paterson…). Parallèlement s’est développé un ensemble qui rappelle l’ancien usage domestique du lieu et joue avec la notion d’habitat (Luciano Fabro, Wolfgang Laib, Tobias Rehberger, Thomas Schütte…).

Un axe Arts Décoratifs a été également créé avec l’acquisition au début des années 2000 d’objets conçus par des designers contemporains (Pierre Charpin, Garouste & Bonetti, Hella Jongerius, Alessandro Mendini, Ettore Sottsass).

Des commandes emblématiques


Dès son installation dans les murs du château, le musée a bénéficié d’un programme dans le cadre de la commande publique. Ainsi en 1985, Giuseppe Penone imagine une sculpture pour la cour du château en reprenant des éléments architecturaux comme les colonnes torses de la galerie Renaissance. L’artiste joue également sur l’interaction entre le bronze, matériau traditionnel de la sculpture, et la matière vivante d’un arbre, autour duquel s’inscrit la sculpture de bronze et qui, dans le temps, grandit et évolue donc avec elle.

En 1990 Richard Long réalise avec du calcaire collecté une œuvre in situ, Rochechouart Line, dans l’une des salles des fresques du XVIe siècle, retraçant les travaux d'Hercule. Ce programme se poursuit aujourd’hui avec l’installation de nouvelles œuvres in situ sur la terrasse du château, ouverte en 2017, avec l’œuvre Le tombeau du miroir de Michelangelo Pistolleto et l’œuvre murale Nous sommes des extraterrestres de l’artiste Dora Garcia.

Ces œuvres permanentes instaurent un dialogue entre création et patrimoine. Ce dialogue est aussi le point de départ de nombreuses productions conçues pour le musée à l’occasion d’expositions temporaires dont plusieurs ont intégré la collection. Citons Le Grenier du Château d'Annette Messager et Christian Boltanski (1990), Tu de Thierry Kuntzel (1994), ou plus récemment Los Fantasmas d’Eduardo T. Basualdo (2013).

Dépôt du Centre national des arts plastiques


Le musée bénéficie depuis sa création d’un d'important dépôt du Fonds National d’Art Contemporain/Centre National des Arts Plastiques (Ministère de la Culture et de la communication). Ce dépôt, revu périodiquement, compte aujourd’hui plus de 40 œuvres majeures venant renforcer des ensembles monographiques (Tacita Dean, Gustav Metzger, Anthony McCall, Thomas Schütte, Gianni Pettena, Michael E. Smith) ainsi qu’une selection de travaux entretenant une relation étroite avec la collection (Mike Kelley, Felix Gonzalez-Torres, Robert Filliou, Nina Canell, Daniel Gustav Cramer).

Collection en ligne


L’intégralité de la collection du Musée d’art contemporain de la Haute-Vienne est consultable en ligne. Cette base de données est mise à jour régulièrement. Un programme de numérisation est en cours afin d’offrir une couverture iconographique plus complète.
Les demandes d'informations documentaires, de corrections ainsi que toute demande de consultation et de reproduction photographique sur les œuvres sont à formuler par courriel.

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