Transes Poledna


11 octobre - 15 décembre 2008

 

Rineke Dijkstra, Douglas Gordon, Joachim Koester, Mathias Poledna.
Quatre oeuvres dansées dans les collections du Musée départemental d'art contemporain de Rochechouart.

"Transes" est un parcours en quatre temps autour de la captation des corps au cinéma et des passerelles entre danse, cinéma et performance. Dans The Buzzclub, Liverpool, UK/Mysteryworld, Zaadam (1996-1997), Rineke Dijkstra propose une saisie frontale du comportement d'adolescents en boite de nuit. En retrait de la foule, places devant un rideau blanc, les jeunes gens oublient progressivement la camera tandis que la pulsation de la musique techno reprend ses droits. Pour Hysterical (1995), Douglas Gordon s'est approprié un film scientifique du début du siècle. Disperse sur deux écrans, le film met en scène une crise d'hystérie, symptôme dont l'étude est à l'origine de la psychanalyse.
Le dispositif spatial de l'artiste dilate le temps dans les trois dimensions, incitant le spectateur à errer autour de l'image. Réalise par Mathias Poledna, Version (2003) est un court-métrage ou un groupe de danseurs flotte en silence sur un fond noir qui vient amplifier le caractère mystérieux et photogénique de l'ensemble. Jouant avec un sentiment d'historicité, le film se réfère aussi bien au cinéma expérimental qu'a l'ethnographie et a l'histoire de la danse moderne. L'œuvre de Poledna trouve avec Tarantism (2007) de Joachim Koester un double possède. Cette œuvre se nourrit de l'histoire de la tarentelle, une danse de l'Italie du sud, formalisée a la fin du Moyen-Age pour guérir les convulsions dues à la piqure de la tarentule, celle-ci est parfois considérée comme une résurgence des rites dionysiaques. Conduits par l'artiste, des acteurs miment des scènes de transe, rejoignant un état primitif de la danse qui n'est pas sans évoquer les fausses convulsions d'Hysterical.

Partout se pose la même question : Pourquoi les images de corps mobiles ont-elles succédées aux statues ? Parce que le monde s'est mis en mouvement, d'abord comme planète, ensuite comme un univers poétique", comme l'expliquait il y a une dizaine d'années Jean-Louis Schefer dans la note d'intention de son ouvrage Du monde et du mouvement des images.

Mathias Poledna, Version, 2003. Coll. Musée d'art contemporain de la Haute-Vienne, château de Rochechouart. Photo : musée