25 février - 11 juin 2017

Avec les œuvres de Stephan Balkenhol, Eduardo Basualdo, Christian Boltanski, Julien Dubuisson, Rineke Dijkstra, Douglas Gordon, Mona Hatoum, Lydie Jean-Dit-Pannel, Valérie Jouve, Suzanne Lafont, Wolfgang Laib, Claude Lévêque, Steeve McQueen, Annette Messager, Lucien Murat, Hassan Musa, Gabriel Orozco, Giulio Paolini, Giuseppe Penone, Agathe Pitié, Michelangelo Pistoletto, Arnulf Rainer, Sophie Ristelhueber, ,Thomas Ruff, Lazaro  Saavedra, Carolee Schneemann, Kiki Smith, Laure Tixier, Patrick Tosani, Sarah Trouche, Jeff Wall.

Pour cette exposition, la commissaire invitée Julie Crenn a opéré une sélection d’œuvres dans la collection du musée en l’accompagnant d’œuvres d’artistes invités.

Digérer le Monde résulte d’une mise en corrélation de deux modes digestifs : celui d’une digestion du monde et notamment de notre rapport saturé à l’espace médiatique, et celui de la digestion d’une collection muséale qui s’est structurée depuis plusieurs décennies.

Au creux de cet espace médiatique dominé par l’excès, comment digérer le monde ? Comment mettre en perspective et en relation ses informations et ses transformations ? La surinformation est-elle motrice d’inventivité, de réaction et de résistance ? Ou bien, ne nous mène-t-elle pas vers une intoxication, une ingestion qui, petit à petit, rétrécit et paralyse les consciences ?
L’exposition pense aussi un geste curatorial : celui de réfléchir une exposition à partir d’une collection muséale. Comment l’appréhender et la digérer ? Comment prendre position à travers elle ? Pour exprimer quoi ? Que dit-elle des sociétés passées, actuelles et futures ? Il s’agit alors de penser une exposition sans jamais s’extraire du réel dans ce qu’il a de plus paradoxal, sa rudesse comme sa richesse.

Comment les œuvres de la collection du musée départemental d’art contemporain de Rochechouart peuvent-elles traduire, évoquer, manifester une digestion à la fois personnelle et collective du monde ?

Différentes problématiques sont explorées : le corps impuissant, un monde inconfortable, la fin des utopies, la chute, les violences sourdes et convulsives, la sidération, la résistance et la capacité d’agir. À travers elles, les corps sont placés au centre de la réflexion. Les œuvres tendent ainsi à rendre visible, perceptible et sensible un flux alimenté de paradoxes qui structurent nos sociétés sidérées.

  Image : Douglas Gordon - Tattoo (for reflection), 1997. Photographie. 71,5 x 71,5 cm. Collection MDAC de Rochechouart