DU 29 février au 15 juin 2020

 

Le musée d’art contemporain de la Haute-Vienne est heureux d’inviter l’artiste Joëlle de La Casinière pour présenter la première rétrospective de son œuvre filmique, vidéo et graphique.

Joëlle de La Casinière, née en 1944 à Casablanca, vit et travaille à Bruxelles même si le nomadisme reste son quotidien. En cinq décennies, Joëlle de La Casinière a construit à travers ses 400 tableaux/poèmes, 19 livres manuscrits et illustrés, 9 films et 15 vidéos, une œuvre singulière échappant à tout système et jetant un regard poétique, critique et amusé sur les médias et sur la société de la fin du XXe siècle en particulier.

Peintre à Paris, elle se tourne au début des années 70 vers le film notamment en Amérique Latine. Alors qu’elle s’éloigne de l’influence pop de ses peintures, elle embrasse le cinéma, l’écriture et le collage comme autant d’outils avec lesquels enregistrer son quotidien.

De la Colombie au Pérou, Joëlle de La Casinière réalise alors une série de films avec Michel Bonnemaison et Carlos Ferrand dans une esthétique jouant avec le registre documentaire où elle dépeint sa découverte des portefaix de Cuzco (Cargadores, 1971) ou des mécaniciens de rue à Lima (Suite,1975).

Cette période en Amérique Latine marque également les débuts de ses premières poésies graphiques. Ses collages/poèmes, où Joëlle de La Casinière mêle librement la poésie, la typographie, l’ornement et le graffiti, se poursuivront jusqu’en 2014 dans une grande série intitulée « tablotin ».

A partir des années 80, Joëlle de La Casinière se tourne vers la vidéo qui lui permet de développer une véritable rhétorique du discours télévisuel où se mixent non sans humour, son intérêt pour l’enluminure, l’image publicitaire et la littérature médiévale.

Mais c’est sûrement l’espace du livre qui est le plus représentatif de sa démarche. Avec ses grands manuscrits qu’elle autoéditera, Joëlle de La Casnière crée un lieu de rencontre inédit entre les tableaux poèmes et le vidéo texte musical.

Sous le titre « Tout doit disparaître », l’exposition n’ambitionne pas de faire le bilan méthodique d’une production mais d’en découvrir les multiples facettes au travers d’un montage échappant à toute chronologie. Comme à son habitude Joëlle de La Casinière entremêle, au fil des salles, le texte, l’image et la musique pour créer un parcours avant tout poétique, émaillé de ses rencontres et amitiés au sein de la communauté du Montfaucon Research Center qu’elle fonde en 1972 avec le maître et ami Michel Bonnemaison, la jeune poétesse apatride Sophie Podolski, le poète portugais Al Berto, l’artiste peintre italienne Olimpia Hruska, et le musicien attitré du groupe, Jacques Lederlin.

Son travail, actuellement en pleine (re)découverte, a été montré ces dernières années au Centre international de la poésie de Marseille (2006), au Kunsthaus de Dresde en 2010, au Centre d’art Argos (Bruxelles) en 2014, dans les galeries GB Agency (Paris), Catriona Jeffries (Vancouver) et en 2019 à la Fondation Ricard et à la Konsthall de Malmö à l’initiative du commissaire François Piron. Joëlle de La Casinière est par ailleurs entrée récemment dans les collections du Musée national d’art moderne (Paris) et du Museo Reina Sofia (Madrid).