12 octobre – 16 décembre 2018


Le château de Rochechouart est heureux d’inviter, durant tout l’automne, l’artiste allemand Jochen Lempert à investir le second étage du musée. Pour cette première exposition muséale en France, Jochen Lempert revisite l’ensemble de son travail photographique depuis le début des années 1990 à nos jours dans un dispositif résolument non chronologique.

Biologiste de formation, Jochen Lempert (né en 1958) travaille durant les années 80 à l’université Friedrich-Wilhelms de Bonn tout en collaborant à la même période avec Jochen Müller et Jürgen Reble au sein du groupe  schmelzdahin (dissous-toi), actif jusqu’en 1990, avec lesquels il produira un ensemble de films expérimentaux en super 8 basés sur les effets de décomposition bactériologique et les altérations chimiques des pellicules.

Jochen Lempert poursuit depuis ses recherches sur le vivant et la coexistence des formes de vies par la pratique photographique. Cette influence croisée, entre sciences et art, fait de lui une figure unique sur la scène artistique contemporaine. Découvert en France en 2009 au domaine des Kerguehennec, Jochen Lempert a bénéficié depuis ces dix dernières années de nombreuses expositions monographiques internationales, entre autre au Cincinatti Art Museum en 2015, au Sprengel Museum d’Hanovre en 2017 et récemment au CA2M à Madrid.

Ses tirages photographiques, invariablement en noir et blanc sur du papier baryté mat, recréent une classification du vivant entre rigueur scientifique et recherche du sublime. Jochen Lempert ne cherche pas l’extraordinaire. Il capte au contraire l’anodin, l’impermanent et une certaine poésie du quotidien. 

Son regard nous dévoile tout aussi bien une ligne imaginaire dans un vol d’oiseaux, la volute de fumée d’une tasse de thé, un feuillage à la limite de l’abstraction, ou encore un grand pingouin (Alca impennis) disparu qu’il traque inlassablement depuis 1992 dans les réserves des musées d’histoire naturelle du monde entier.

Ses photographies, présentées non encadrées, sont réargentées à chaque exposition résistant à toute catégorisation. Jochen Lempert se plait ainsi à réinventer une nouvelle grammaire visuelle dans une chaine causale où chaque image dialogue, dans des analogies formelles et conceptuelles et des variations d’échelle, avec l’ensemble. 

Au seuil de la photographie scientifique, Jochen Lempert livre une œuvre d’une grande pureté formelle témoignant de la fragilité de l’existence et de la relation intrinsèque de tous les éléments vivants.

Jochen Lempert est représenté par les galeries ProjecteSD (Barcelone), et BQ (Berlin).

Vidéo de présentation de l'exposition


Vues de l'exposition