DU 12 AU 26 MAI 2020

 

Pour cette seconde programmation à domicile, le musée vous propose une entrée dans l’univers des œuvres vidéos/collages de Joëlle de La Casinière réalisées dans les années 1980. L’œuvre sélectionnée joue sur un dispositif opératique et mènent une même réflexion autour de textes mis en mouvement et en musique, un procédé novateur utilisé par l'artiste.


Joëlle de La Casinière
Que Será Será, 1986
Vidéo, couleur, son
Durée : 42 minutes
Musique de Jacques Lederlin
Chorégraphie de Georges Appaix
Production du Montfaucon Research Center avec Vidéo Ciné Troc

Que Será Será est une mise en musique de poèmes et de tablotins, au travers d’une succession de six chansons de sept minutes. La technique du collage propre aux arts plastiques est reportée au sein du montage vidéo. C’est sur un fond noir et blanc que se superpose un ensemble d’images collées, de symboles et de sigles populaires peints numériquement aux côtés d’une chanteuse d’opéra lyrique. Le texte est aussi présent et défile à l’écran à la manière d’un karaoké contemporain. Des tablotins entrecoupent l’image, comme ceux de la série des Villages Voices, reprenant des pages de journaux barrés et colorées. Que Será Será débute chacun de ses micros clips par un énoncé burlesque « un moment fatal dans la vie d’un héros de tous les jours ». L’artiste réemploie ainsi, non sans humour, l’imagerie télévisuelle des faits divers et tourne en dérision l’actualité, les enjeux sociaux et sociétaux pour mieux les révéler, souligne l'omniprésence télévisuelle (J’EN AI TROP VU A LA TELE) ou encore les débuts du tourisme de masse (CAPRI C’EST POURRI).

POUR ALLER PLUS LOIN

 

B La Casinire manuscript

En 1973, Joëlle de La Casinière publie son premier ouvrage de poésie graphique aux éditions de Minuit sous le titre ABSOLUMENT NÉCESSAIRE : the emergency book. Cet ouvrage, cité par Gille Deleuze et Felix Guattari comme le seul exemple de livre nomadique et rhyzomatique, est décrit par l’artiste comme un album « ivre et libre, réminiscences d’un trip vécu au pays où tout est permis. Une œuvre ouverte, orné au trait, d’une langue soutenue, avec son extension cinématique.»