DU 5 OCTOBRE AU 15 DECEMBRE 2019

 

Commissaire invité : Michel Giroud

Raoul Hausmann, dadasophe, retiré à Limoges, de 1945 à 1971 (date de son ultime ouvrage la sensorialité excentrique). L’expérimentator, intrépide traverse le dédale corrosif des polémiques et débats mortifères des avant-gardes – surréalisme, lettrisme, abstraction géométrique ou lyrique, art cinétique, musique concrète, Internationale Situationniste, néo-dada, Nouveau Réalisme, Fluxus, poésies expérimentales (concrète, visuelle, spatialiste, sonore).

Inlassable voyageur solitaire (mais solidaire), aux confins des genres, poète-artiste, artiste-poète, il incarne la vision de Giordano Bruno : « celui qui n’est pas un poète et un peintre n’est pas un philosophe. Nous disons que comprendre c’est voir des formes et des figures imaginaires. N’est pas peintre celui qui n’est pas un poète et un penseur. ».

A la recherche de nouvelles voies dans l’immense territoire du possible, il imagine, entre 1946 et 1948, avec son ami Kurt Schwitters le projet (inédit) de la revue PIN, ou la fantaisie (l’imagination) serait totalement totale, loin et hors des querelles absurdes. Méconnu, écarté, relégué à son rôle historique de dadasophe berlinois des années 20, malgré tout, il ne cesse d’ouvrir des sentiers pour une poétique vraiment vivace où tous les sens dansent ensemble leur sarabande, en une fantasia exultante et jubilatoire.

Le vaste panorama des tableaux, dessins, rayogrammes, pictogrammes, photographies, collages, montage, encres, feutres, comme les essais, les récits, les poèmes, les écritures, toutes ces formes manifestent le même élan d’être hors pistes, hors normes, en une floraison plurielle et polyphonique, toujours ailleurs, dans l’instant immédiat d’une ultralangue cosmique de terrien.

Pendant 25 ans, il ne cesse de collaborer au réseau des revues européennes expérimentales, passionné et curieux des recherches de son époque, conscient de son rôle de passeur, quant à l’Aventura dada, qu’il affirme non pas comme un moment historique mais comme un état permanent, dans son Courrier dada de 1958, en faveur de l’unique et des singuliers au-delà de toutes les idéologies.

Artiste de la voix, poète-danseur des mots et des écritures, irréductible dadasophe et typhonique.

Suivant un parcours chronologique, l'exposition se déroulera en 3 actes depuis le retour de la guerre (1945-57) avec l’avènement de la poésie concrète, puis le tournant des années 60 dans le contexte du mouvement Fluxus et de l’apparition des revues expérimentales européennes, et les années 1965/1971 et la rencontre d’Hausmann avant sa disparition avec une nouvelle génération d’artistes (Bernard Heidsieck, Jean François Bory, Paul Armand Gette). Cette exposition, ayant reçu le label d’intérêt national du ministère de la culture, révèlera simultanément la dimension théorique et historique de Raoul Hausmann et le dévoilera en explorateur hors cadre unique, dionysiaque, singulier, inextricable et irréductible brouilleur de pistes, malgré son isolement à Limoges.

Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture/Direction générale des patrimoines/Service des musées de France. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’Etat.

Elle bénéficie, en outre, des généreux prêts du FRAC Besançon, du Fonds de dotation, Enseigne des Oudins (Paris), de l’Espace Gantner (Bourogne), du Centre d’art du livre d’artiste (Saint-Yrieix-la-Perche), du Musée des Muses Amusées (MMAM, Alpina), de la Galerie Semiose (Paris).

Raoul Hausmann et les poésies expérimentales, vue d'exposition, Musée d'art contemporain de la Haute-Vienne, 2019, Photo: Aurélien Môle

Vidéo de présentation de l'exposition


Vues de l'exposition