2004 la fabrique du sensible Kiki Smith


6 mars – 23 mai 2004

 

Louise Bourgeois, Hannah Collins, Tacita Dean, Wim Delvoye, Felix Gonzalez-Torres, Jef Geys, Douglas Gordon, Fabrice Gygi, Véronique Joumard, Mike Kelley, Patrick Neu, Raymond Pettibon, Jim Shaw, Kiki Smith, Nancy Spero.

Entre la mémoire et le rêve, chacun des artistes présentés renoue avec les procédés traditionnels de fabrication et d’agencement des images et des formes, revisitant l’histoire de l’art et ses mythologies.
Sculptures figuratives en porcelaine de l’américaine Kiki Smith, dessins enluminés de textes de Raymond Pettibon, ensemble des linogravures du Suisse Fabrice Gygi, réplique d’une armure de la Renaissance réalisée en cristal soufflé du lorrain Patrick Neu, rouleaux de dessins de Nancy Spero qui évoquent des fresques décoratives peuplées de personnages mythologiques, peau de cochon sur laquelle est tatouée un immense dessin du belge Wim Delvoye, chevelure féminine incrustée d’yeux humains de la britannique Hannah Collins, photographies anciennes retouchées de Tacita Dean.
Autant d’œuvres dont la force et la beauté intense résident paradoxalement dans la vulnérabilité de leur présence matérielle, et le caractère intemporel des images qui les constituent.
Si, comme le note le philosophe Jacques Rancière (1) à qui nous devons le titre de l’exposition « c’est aux artistes que revient la tâche de mettre en travail la sensibilité », il n’est pas anodin que ces oeuvres soient abritées dans une forteresse du XVme siècle. A une époque où, au nom de la raison et du seul souci de gestion économique, l’activité artistique comme élaboration de nouvelles formes de sensibilité et de partage de l’expérience subjective, est profondément menacée.
Jacques Rancière. Le partage du sensible Esthétique et politique. La Fabrique-Editions. Paris, 2000.

Vue d'exposition.Musée d'art contemporain de la Haute-Vienne, château de Rochechouart. Photo : Freddy Le Saux