Kuntzel


1er mars – 3 septembre 2006

 

Cette exposition a été pensée par Thierry Kuntzel en fonction du lieu, un château du 15ème siècle où se déploient, depuis 1985, les salles du Musée de Rochechouart. Les œuvres de la collection forment les points d’ancrage de l’exposition. Tu (1994) est installée dans une des tours au deuxième étage, tandis que le Tombeau d'E.A. Poe (1994) occupe une grande partie des combles du château. Autre temps fort de l’exposition, la présentation de Tampico (non lieu) (1993), une installation vidéo qui n'a pas été montrée depuis l'année de sa création. Tout comme Memory (1976) et Here, There Then (1977), elle fait partie des œuvres déposées par l'artiste au Musée.

Chacune à leur manière, ces installations interrogent notre perception du temps. Tu réunit huit grandes photographies et une projection vidéo. Sur celle-ci, on voit un morphing qui a permis de créer « l’entre-image », de combler le vide entre les photographies et les souvenirs.
Le tombeau d’Edgar Allan Poe, fait partie d'une série commencée en 1974. Sur une porte en verre sablé est gravé « Nevermore » (« jamais plus »). Ce mot est celui prononcé sans cesse par un corbeau dans un célèbre poème de l'écrivain anglais. A l'intérieur de la salle, inaccessible, un tombeau est posé sur le sol. Des pulsations lumineuses passant du bleu au blanc sont synchronisées sur un rythme cardiaque.
Remémoration, reconstitution, oubli et effacement, les œuvres de Thierry Kuntzel cherchent la précision, le bon moment, la bonne intensité. Here There Then (1977) est composée de trois mots lumineux et d’une plaque de marbre. La dispersion de ces éléments empêche de les saisir ensemble, au spectateur d’agencer mentalement son unité. Memory (1974), elle, se décline en 12 néons blancs placés en enfilade et à l’intensité lumineuse décroissante.

Né à Bergerac en 1948, Thierry Kuntzel est d'abord connu comme théoricien du cinéma. C'est dans les années 1970 qu'il réalise ses premières œuvres. Parmi ses expositions les plus marquantes citons son exposition au Jeu de Paume (1993) et récemment ses rétrospectives au Musée des Beaux-arts de Nantes et au Fresnoy. Si le travail de Thierry Kuntzel est souvent cité pour sa pratique de la vidéo, ce médium n'est qu'un des supports choisis par l'artiste pour analyser les mécanismes de la perception et interroger la représentation de la mémoire et de l’inconscient.

Thierry Kuntzel, Tu, 2006. Coll, Musée d'art contemporain de la Haute-Vienne, château de Rochechouart. Photo : Freddy Le Saux