Lumières - Anthony Mc Call


10 octobre - 14 décembre 2009

Giovanni Anselmo, Christian Boltanski, Philippe Decrauzat, Thierry Kuntzel, Wolfgang Laib, Anthony McCall, Gerhard Richter.

En écho à la proposition de Tobias Rehberger, "Lunière", emprunte son titre à un néologisme poétique de Raoul Hausmann : "Mais vous demandez ce qu'est la lunière ? C'est le crépuscule du côté de la Lune inconnu des Terriens. Là, où seulement les chats ou les lunatiques voient" écrivait dans un poème (L'ange du ciel) le dadaïste en 1967.

Sous ce titre, ce nouvel accrochage regroupe neuf œuvres de la collection du Musée. En 1975, décidant de poursuivre son travail sur le cinéma en se débarrassant de l'appareillage technique associé à celui-ci (la caméra, l'appareil de projection), Anthony McCall s'est contenté de deux données fondamentales : le temps et la lumière. Le résultat est Long film for ambient light, soit une pièce vide où deux sources lumineuses (une ampoule et la lumière du jour) jouent un film dont la longueur est celle du temps de l'exposition. C'est sur la base de cette interrogation que le Musée a choisi de présenter sur un étage une sélection d'oeuvres de sa collection. De la dilatation de l'espace-temps par la lumière, l'écriture et les reflets chez Thierry Kuntzel (Here, there, then, 1977) à la fabrication d'un écran de lait, surface à la luminosité lunaire de Wolfgang Laib (Pierre de lait, 1976), en passant par les reflets gris de la peinture de Gerhard Richter (Double panneau de verre, 1977), les neuf oeuvres présentées ici composent avec la lumière pour en décomposer un prisme d'expérience. Avec L'ange (1985), Christian Boltanski propose la réinvention d'un théâtre d'ombres et de lumière, tandis qu'en marchant vers la chute du soleil, Giovanni Anselmo (Interférence sur la gravitation universelle, 1969) retient la tombée de la nuit. Dans Landscape for fire, réalisé quatre ans avant Long film for ambient light, Anthony McCall dessine dans le paysage une structure géométrique composée de flammes. Relecture des films à clignotement du cinéma structurel des années 1970 (les flicker film), After birds (2008) de Philippe Decrauzat (oeuvre acquise par le Musée cette année) est une oeuvre qui construit, à partir du motif des oiseaux captés dans le film éponyme d'Hitchcock, un scintillement entêtant qui démarre sur une figure géométrique et s'achève sur l'hallucination optique d'un test de Rorschach.

Anthony McCall, Landscape for fire, 1972. Coll. Musée d'art contemporain de la Haute-Vienne, château de Rochechouart. Photo : musée