Qui a peur du cylindre, de la sphère et du cône ? Musée de Rochechouart


6 octobre - 16 décembre 2012

 

Anna et Bernhard Blume, Michel de Broin, Fabrice Cotinat, Pierre Dorion, León Ferrari, Aurélien Froment, Anya Gallaccio, Nancy Holt, Robert Smithson, Sarah Anne Johnson, Wolfgang Laib, Bertrand Lamarche, Sigalit Landau, Richard Long, Anthony McCall, Cinthia Marcelle, Damien Mazières, Jonathan Monk, Claire Morgan, Bruce Nauman, Robert Morris, Pavel Pepperstein, Mark Ruwedel, Thomas Schütte, Dominika Skutnik, James Turrell, Gilberto Zorio.

« La géométrie a expliqué l’art de découvrir les vérités inconnues »
(Blaise Pascal)
En 1904, Paul Cézanne lançait la révolution de la peinture et ouvrait la voie au cubisme et à l’abstraction en proposant de « traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective ». Un siècle plus tard, la nature est passée d’un sujet de représentation à une matière première à façonner. En prenant au mot cette célèbre formule – mixée avec la formule provocatrice de l’artiste américain Barnett Newman « Qui a peur du rouge, du jaune et du bleu? » - l’exposition propose un cheminement à travers les développements contemporains du genre du paysage vu sous l’angle de la géométrie. On y redécouvre comment les artistes, du Land art à aujourd’hui, ont réintroduit des formes élémentaires à l’échelle de la nature et comment ils nous invitent ainsi à poser un regard neuf – étonné et ironique, amusé ou inquiet - sur l’environnement dans lequel nous vivons.
Autour de pièces historiques de la collection, notamment les créations in situ de l’artiste anglais Richard Long, la soixantaine d’œuvres rassemblées composent un parcours englobant l’ensemble des trois étages du musée. Installations monumentales, sculptures, peintures, dessins et éditions… y déconstruisent et redessinent le paysage, celui de la nature, de la ville, mais aussi celui du musée lui-même. Dès la fin des années 1960, en déplaçant l’art dans la nature et la matière de la nature dans le musée, les artistes ont recherché le sublime, comme ils ont remarqué la trivialité du conditionnement par l’homme de son lieu de vie. Certains en façonnant le paysage grandeur nature, d’autres en jouant sur l’effet géométrique des formes de toutes sortes d’éléments du quotidien (chaises, étais, routes etc.) ont bouleversé le genre historique du paysage, naturel et urbain, parfois jusqu’à l’absurde. D’autres encore, explorateurs des continents et des formes, se sont aventurés en chercheurs sur les chemins des sciences et recréent, dans un atelier devenu laboratoire, l’illusion des forces naturelles – lumière, tornade, arc-en-ciel…

Anya Gallacio, Chasing Rainbows, 1998,Coll.Musée d'art contemporain de la Haute-Vienne, château de Rochechouart. Photo :musée